De nombreux économistes, comme Christian Chavagneux dans son livre « Une brève histoire des crises financières », ont tiré des leçons des diverses crises financières de notre histoire moderne, notamment de la plus marquante : la crise des Subprimes. Il s’avérait qu’un des facteurs clés du déclenchement de cette crise fut une mauvaise régulation financière, dû principalement au fait que les agents régulateurs n’étaient pas vraiment entendus face aux propositions d’investissements démentiels proposés par les financiers ; ainsi leurs conseils étaient rarement appliqués. Pour lutter contre cela, des solutions ont été mises en place pour pallier ce problème majeur qu’est la régulation.

Décevante régulation financière
La régulation vient d’un constat : les marchés sont incapables de s’autoréguler et les dysfonctionnements de celui-ci doivent être pris en compte et corrigés par les institutions politiques. Ainsi il existe un lien étroit entre les marchés financiers et les Etats. Pourquoi peut-on dire que la régulation constitue un système encadré mais qui présente des failles ?
Le système de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) malgré son autorité administrative

Tout d’abord la régulation peut être exercée par une autorité de régulation nationale, dont la plus connue dans le domaine financier est l’AMF : c’est une entité influente qui a été créé en 2003, Autorités des Marchés Financiers. Cette forme de régulation vise à ce qu’une partie du marché ne finisse pas en position de monopole, et veille au respect d’une concurrence saine, transparente et durable ; et cela à l’échelle Européenne et aussi Internationale. Il lui a été attribué un rôle de « gendarme de la Bourse », puisqu’elle a un pouvoir d’information des épargnants, de régulation (elle délivre des autorisations en rapport avec la finance) et de protection. Elle accompagne également les consommateurs en les protégeant des risques financiers en rapport avec leurs investissements.
Ces différents rôles sont assurés par un pouvoir répressif : elle surveille le bon fonctionnement des marchés et, si cela s’avère nécessaire, peut appliquer des sanctions sur les actions qui portent atteinte au bon fonctionnement des marchés financiers, après un contrôle et des enquêtes préalablement établis. Cette organisation est actuellement dirigée par Robert Ophèle, nommé par le Président de la République.
En dehors de ses compétences l’AMF ne peut intervenir, mais elle diffuse des avis de vigilance pour informer le public sur des pratiques douteuses avérées, des placements complexes et opaques, des sociétés ayant déjà commis des infractions. Comme pour tout procédé il possède ces limites, parfois les avis de vigilance sont émis simplement en réponse à de simples demandes d’information du public envers l’AMF. Dans ce dernier cas, l’AMF rédige également un avis de vigilance, mais concernant parfois des Sociétés très honorables ou des placements performants simplement car il est impossible à l’AMF, de par la limite de ses compétences, d’avoir un avis objectif sur des sociétés et des placements qu’elle ne contrôle pas. Elle émet ainsi un avis de vigilance accompagné d’une mise en garde générale et d’un rappel des règles de prudence et de bon sens qui s’appliquent à tous les investissements.
Cependant, les investisseurs légitimement troublés par cet avis, ont tendance à éliminer à tort de leur réflexion des produits qui sont parfois sûrs et performants.
Insuffisance de la régulation microprudentielle face au risque systémique
Régulation microprudentielle permet de garder des crédits juste et solide de différents établissements pour la concurrence équitable pour limiter les risques de défaillances individuelles. Mais depuis la crise financière de 2008 démontre que la régulation microprudentielle amplifierait, du fait de sa procyclicité, le risque systémique (Il s’agit d’une situation d’instabilité financière). Le système financier est vulnérable. Cela s’explique par sa complexité, son opacité, et l’interconnexion entre les institutions financières, et du fait que ces dernières créent et emploient une grande variété d’instruments qui leur permettent d’augmenter l’effet de levier, mais les rendent très fragiles face aux chocs.
Les limites de la régulation microprudentielle
- Le minimum de fonds propres exigé ne pénalise pas la concentration du portefeuille sur certains engagements.
- Les accords de Bâle III (2010) exigent que les banques doivent avoir en réserve 6% de crédits accordés.
- Les risques de contrepartie dans ces activités interconnectant un nombre important d’institutions financières sont sources de contagion en cas de crise de liquidité.
- La régulation du capital est procyclique, dans la mesure où les risques sont sous-estimés en période d’expansion et surestimés en période de récession, au lieu d’analyser et anticiper les risques sur un cycle complet.
Pour pallier aux carences des politiques microprudentielle, il faut l’associer aux politiques macroprudentielle.
La régulation macroprudentielle presque parfaite
La régulation macroprudentielle : se base sur le système financier et son ensemble pour limiter les crises financières qui affectent la croissance économique. En effet la régulation macroprudentielle se distingue de la régulation microprudentielle et sont liées. L’autorité macroprudentielle cherche à maximiser le rendement du portefeuille de titres (le système financier), alors que l’approche microprudentielle donne un poids égal et séparé à la performance de chaque titre composant le portefeuille (chaque institution financière).
De nos jours les autorités responsables à cette politique confirment la nécessité de renforcer l’orientation macroprudentielle des dispositifs de régulation et de surveillance financières. La gestion du système financier est remise en cause car parfois elle pousse à l’inaction et prive les bénéfices d’une institution financière en période favorable et empire les pertes en période de crise qui fait perdre confiance aux agents économiques.
Quelle régulation et quel avenir pour le système financier ?
Tout cela montre la défaillance des systèmes de régulation, pourtant le défaut de régulation n’est pas à l’origine de la crise. C’est en effet une crise que l’on pourrait qualifier de « classique » : les banques distribuent davantage de crédits, de ce fait leur rendement marginal (cette loi signifie que quand on augmente un facteur comme le travail, le capital … jusqu’à un certain niveau, sa production augmente de moins en moins) diminue. Cela a pour conséquence la hausse de la valeur des actifs, en marge de leur valeur réelle, véritable ; à ce moment le moindre événement, même insignifiant peut faire éclater la bulle. C’est le schéma-type de la plupart des crises financières antérieures.
Le fait que le même procédé ne se déroule exactement à l’identique est évitable, mais il y a de grandes chances pour que la prochaine crise prenne une forme différente, et il est difficile pour la régulation d’empêcher des événements inconnus. C’est pour cela qu’il est indispensable d’étudier les mécanismes qui ont mal fonctionné, afin de pouvoir adapter la régulation au fil des découvertes ; d’autant qu’une régulation inadaptée a un coût conséquent.
Sources :
- https://www.lafinancepourtous.com (site internet)
- Christian Chavagneux « Pourquoi les crises reviennent toujours ? » (Livre)
- http://www.bsi-economics.org/264-definition-politique-macroprudentielle
- https://www.aef.asso.fr/publications/revue-d-economie-financiere/103-les-politiques-de-sortie-de-crise/43-la-nouvelle-regulation-bancaire-microprudentielle-principes-incidences-et-limites
- http://opee.unistra.fr/spip.php?article284
- http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2014/02/20/cercle_91765.htm#
- http://www.amf-france.org/L-AMF/Missions-et-competences/Presentation
- https://www.botraiders.com/apprendre-bourse/acteurs-bourse/organisateurs/regulateur-de-marche

Présentes depuis la création des marchés financiers , les crises en sont une composante récurrente: 3 crises d’époques différentes qui nécessitent d’être appréhendée pour comprendre leurs mécanismes.
Depuis 2006 , les taux de crédit ont fortement augmenté , ce qui a mis à mal une partie des emprunteurs . Ce phénomène s’est massivement accéléré depuis 2007, ce qui a eu pour conséquence la multiplication des défauts de paiement et qui, par extension , a provoqué la faillite de plusieurs sociétés de financement immobilier. Ces dettes ont attiré les investisseurs toujours à la recherche de rendement plus élevé qui cherchaient à revendre ces titres toujours plus cher . Les gérants de fonds se sont alors retrouvés avec des titres , et les agents chargés de réguler les liquidités n’ont pas pu résorber le problème .
